Il y avait le numéro de danse d'Omar Sy sur la musique d'Earth, Wind and Fire dans Intouchables ; on peut ajouter le morceau de bravoure d'Emilie Dequenne, en chanteuse de karaoké interprétant I will survive, à la fin du film Pas son genre.

The Intouchables - 'Dance' Clip - The Weinstein Company

Habillée d'une tenue étincelante, la jolie coiffeuse enflamme son public avec une chanson connue pour sa joie communicative (en tout cas depuis le Mondial de foot 1998). Les paroles d'I will survive sonnent autrement pour le spectateur, qui sent que la rupture du couple est inéluctable. Et de déceler les signes du bouleversement intérieur que ressent Jennifer (Emilie Dequenne) : une bouche qui se tord avant de se reprendre, un minuscule moment de distraction et à la fin de l'interprétation, des yeux humides ... Mais elle ne craque pas ; pas en public.

Chapeau donc à Emilie Dequenne qui, en blonde coiffeuse, a des petits airs de Cameron Diaz, par ailleurs héroïne elle aussi d'une mémorable scène de karaoké, dans un autre genre ...

Source: Externe

Source: Cinema Nouvel Obs

 

 

 

 

 

 

 

Bref, le film de Lucas Belvaux, Pas son genre, m'a beaucoup plu, mais pas que pour Emilie Dequenne. L'histoire est celle d'une rencontre entre un jeune professeur de philosophie parisien, muté à Arras et d'une coiffeuse pétillante, mère célibataire d'un petit Dylan. Tout les oppose : leurs lectures, leurs loisirs, leurs horizons ... Jennifer est passionnée par le karaoké alors que Clément participe à des colloques sur la philosophie allemande. Même le générique les éloigne puisque certains acteurs sont sociétaires "de la Comédie Française" (Luc Cormery, excellent) et pas les autres.

Certains vont trouver que cette histoire regorge de clichés. Le début du film a en effet un petit côté Bienvenue chez les Cht'is, en plus sérieux : mutation dans le Nord-Pas de Calais, restaurant fermé à 22 heures, poivrots nocturnes ... Pourtant les personnages sont plus complexes qu'on veut bien le croire. Jennifer a le goût de la lecture, pas seulement de la presse people, d'ailleurs. Au fond d'elle-même, elle regrette sans doute de n'avoir pas profité davantage de ses études courtes ; c'est le sens de son message adressé à la jeune baby-sitter de son enfant. Et la fréquentation de Clément réveille en elle un sentiment d'infériorité qu'elle avait enfoui, qui resurgit et devient insupportable au point de l'amener au "suicide social" de la fin.